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Interview de Stéphane DELRUE
Lundi, 09 Novembre 2009 11:03
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photographie représentant Stéphane DELRUE entouré de Stéphane Turowski (Secrétaire) et de Marina Prat (Vice-Présidente) Nous publions aujourd'hui l'interview de Stéphane DELRUE, président d'honneur de l'ACSMA FRANCE (Association Conduite & Sports mécaniques Adaptés) réalisé par Jean-Dominique MOREL, président de la structure. Stéphane porte un regard critique sur la gestion du handicap en France mais nous fait également découvrir sa passion pour le sport automobile.

LE HANDICAP EN FRANCE: TO BE OR NOT TO BE

D-J-M : Stéphane, vous portez aujourd'hui un regard très critique sur le Handicap et la situation des personnes handicapées en France, pourquoi cette amertume?

S-D : Effectivement, si aujourd'hui je porte un regard très critique sur le handicap et l'intégration des personnes handicapées en France, c'est que je m’aperçois que les pouvoirs publics, n'ont pas pris la mesure de ce qu'il représente. Mais si l'on veut pousser plus loin le raisonnement, il n'y a pas que les pouvoirs publics qui n'ont pas pris la mesure de ce que représente le handicap en France. Les structures sportives, les entreprises, les hôtels, les campings, les cinémas et bien d'autres lieux encore, n'ont toujours pas compris que les personnes handicapées, sont des citoyens à part entière, qui jouissent des mêmes droits que les valides : droit à la culture, à l'information, à l'éducation, aux loisirs, aux sports. Aujourd'hui, pour beaucoup de personnes handicapées, la vie est un véritable parcours du combattant et une source de dépense financière non négligeable si elles veulent vivre décemment.


D-J-M
: Concernant l'accessibilité, vous dites que la France est une véritable catastrophe ?

S-D : Catastrophe, vous voulez rire c'est pire que ça, il n'y a pas de mots assez grands pour le définir. Si vous vous promenez dans les rues de nos villes, vous vous apercevrez que rien n'est fait pour faciliter la circulation des personnes handicapées:  trottoirs trop étroits pour permettre de passer avec un fauteuil, ce qui vous oblige à descendre sur la route au risque de vous faire renverser,  automobiliste se garant sur les places handicapées ou barrant l'accès permettant de traverser une rue, inaccessibilité de certaines administrations, entreprises et clubs de sports, je pourrais vous en citer des dizaines et des dizaines de cas où l'accessibilité est bafoué dans ses règles les plus élémentaires. Une seule région dans notre pays tire son épingle du jeu, il s'agit de la Bretagne. Cette Région de France, a su prendre conscience de ce phénomène. En France, nous avons 30 ans de retard par rapport aux pays nordiques qui sont ce qui se fait de mieux en la matière

D-J-M : Vous êtes depuis tout petit un passionné des Sports Mécaniques et plus particulièrement le karting, mais aujourd'hui, votre handicap vous empêche de prendre vous même le volant ce n'est pas trop dur ?

S-D : Dur, vous voulez rire! (rires) c'est très dur! Mais je sais qu'à ce jour, il existe une possibilité pour les personnes comme moi  IMC (Infirme Moteur Cérébral) de piloter seul. Il s'agit tout simplement d'adapter sur un kart un système joystick comme sur les fauteuils électrique et le tour est joué. Je sais qu'au sein de l'Association ACSMA FRANCE, une personne est en train de travailler dessus, mais ça coute de l'argent et encore une fois en France la frilosité des Entreprises, des pouvoirs publics et de certaines Fédérations en ce qui concerne les Sports Mécaniques, ralentie beaucoup les choses. En attendant on peut toujours se rabattre sur le kart biplace, ce n'est pas tout à fait la même chose, mais on s'éclate quand même.

D-J-M : Lorsque vous faites allusion à certaines fédérations, vous pensez à la Fédération Française Handisport en particulier ?

S-D : Bien sur, cette Fédération ne veut pas entendre parler de ces Sports Mécaniques Adaptés, car elle n'a soit disant pas de personnes compétentes dans ce domaine, ou bien ils trouvent des prétextes fallacieux, pour ne pas faire rentrer ces Sports Mécaniques au sein de la Fédé. Pourtant, elle devrait bien tenir compte qu'à ce jour des milliers de personnes handicapées aimeraient pratiquer cette discipline sportive. A contrario, prenez le cas de la FFSA la Fédération Française de Sport Automobile, même si elle aussi elle reste frileuse dans ce domaine, elle a le mérite de faire des efforts, en ayant mis en place une licence H. Mais croyez-moi, il reste encore beaucoup de chemin à faire dans ce domaine.